Une paire de gifles

une paire de gifles

De Sacha Guitry - Mise en scène par François Ha Van

Quatre courtes pièces, trois personnages dans chacune d’elles, deux protagonistes au centre de chaque intrigue, et un dénouement savoureux dans une langue qui, sous des dehors charmants, cache une noirceur et parfois même une certaine cruauté.

Les personnages de Sacha Guitry ne sont pas simplement des poseurs ou des faiseurs de bons mots, ce sont des hommes et des femmes qui poussent leurs faiblesses à l’extrême pour se croire un instant les plus forts.
On peut parler tour à tour de séduction, d’intérêt, de vanité, d’égoïsme, mais aussi, et c’est toute la dualité qui nous constitue, d’élan de tendresse, de sincérité du moment voire même de générosité, de reconnaissance.
C’est du choc de ces contradictions et de l’habileté des personnages à les manipuler que va naître ce comique propre à Sacha Guitry.

Ce fut donc notre priorité, notre essentielle préoccupation : faire parvenir cette humanité dans une écriture si délicieusement étudiée et si délicate à interpréter. Il nous a paru alors évident de centrer l’image du spectacle sur les comédiens, afin que le spectateur soit concentré sur la parole qu’ils portent et les sentiments parfois déguisés qu’ils véhiculent.

Nous avons volontairement placé ces quatre pièces dans les années 50 pour leur conserver un côté rétro, tout en profitant de l’élan de modernité et du parfum de liberté de ces années-là. Donc pleins feux sur les acteurs, avec des costumes finement choisis par Alexandra Konwinski qui a su allier le dynamisme de l’époque et l’intériorité complexe des personnages. Nous souhaitons que le décor ne vienne pas parasiter les situations par une esthétique trop chargée et qu’il permette à la lumière de jouer son rôle de révélateur. Il reste donc sobre dans des nuances de gris, noir et blanc avec pour chaque pièce un élément singulier et quatre fauteuils dont l’agencement dessinera un univers particulier. Les silhouettes colorées qui vont l’habiter auront ainsi toute notre attention et nous souhaitons que vous pourrez vous délecter de leur esprit.

« On peut faire semblant d’être grave, on ne peut pas faire semblant d’avoir de l’esprit. » Sacha Guitry

Un type dans le genre de Napoléon

« Lui », homme de condition, homme de principes, flegmatique voire énigmatique, fait irruption chez « Elle », femme bourgeoise, femme sans principes, mais d’une logique à toute épreuve. Ces deux là ont vécu ensemble pendant trois ans, se sont aimés pendant deux ans et demi et ne se sont pas vus depuis dix-huit mois. S’il revient sur les lieux, c’est que dans la doublure d’un de ces fauteuils, il a trouvé un paquet de lettres apportant la preuve d’une infidélité non avouée et – c’est là toute l’histoire – non pardonnée.

Le renard et la grenouille

Rosy et Jeannette, deux petites poules de luxe, caquettent à qui mieux-mieux. L’objet de leur passionnante discussion tourne autour d’un riche industriel : Lucien Leclerc de Pavilly. Il a séduit Rosy et lui fait mener la grande vie. L’arrivée de ce dernier va mettre fin aux bavardages et Rosy sur la sellette : est-il question d’amour ou n’en veut-elle qu’à son argent ? Le petit piège qu’il lui tend pour en avoir le cœur net lui fera comprendre que les hommes qui aiment se payer le corps des femmes n’aiment pas que les femmes se paient leur tête.

On passe dans huit jours

La direction du Théâtre Poissonnière est en effervescence : la nouvelle affiche, avec en vedette Fanny Talmont que tout Paris adule, risque de pas tenir ses promesses. Les répétitions du nouveau spectacle sont désastreuses et il faut remplacer la « star » incapable de jouer la dimension passionnée du rôle. Comment le lui faire admettre ?
Un véritable défi pour l’auteur et le directeur du théâtre !

Une paire de gifles

Belote et re-belote ! Quand d’un côté on joue aux cartes, dans le salon contigu on joue plutôt aux dames. En effet, Madame reçoit ce soir avec son mari, et elle se fait alpaguer par son soupirant dont elle accepte les hommages depuis un certain temps mais, mais, mais… pas plus. « Pourquoi ? » Ne cesse-t-il de questionner. Les arguments fusent, le ton monte jusqu’à cette malheureuse gifle qui fait intervenir le mari. Il va falloir s’expliquer… et en venir à une seconde gifle, qui fera la paire.


Durée : 1 h 15

Scénographie : François Ha Van

Costumes : Alexandra Konwinski

Avec :

Domitille Bioret : Rosy de Viroflay, L’actrice
Valérie Even : La Dame, Jeannette Flore, Elle

Rafaël Reves : Le Monsieur, L’auteur, Lui

Laurent Suire : Lucien Leclerc, Le directeur, Le mari

Ils en parlent :

« Il y a du rythme, de l'élégance, de la pertinence. Avec quatre comédiens formidables. Cela pétille comme du champagne ! »

Le Pariscope

« Du Guitry et du meilleur. La jeune troupe a de beaux atouts en main. Résultat : un petit bonheur de spectacle. »

FIGAROSCOPE

« Guitry nous jette une fois de plus dans le ravissement. »

Le Nouvel Observateur