Revue de presse

Voici une sélection de revue de presse sur les spectacles du Vélo Volé.

Roméo et Juliette

Roméo et Juliette

Un ton enjoué, drôle, insouciant,et puis des rires aux larmes
Le 08-08-2013 dans Ouest France

Roméo et Juliette

Roméo et Juliette

Une énergie et une puissance scénique, une réussite totale
Le 08-08-2013 dans FROGGY'S DELIGHT

Roméo et Juliette

Roméo et Juliette

La musique tzigane agrémente à merveille une mise en scène sobre,allez-y !
Le 08-08-2013 dans BILLETREDUC

Roméo et Juliette

Roméo et Juliette

Fumel. Roméo et Juliette : on a aimé leur amour !
Le 07-08-2013 dans LADEPECHE.fr

Lorsqu’un metteur en scène s’attaque à une pièce du répertoire classique, il se trouve généralement confronté à une difficile alternative : soit il se cantonne à une version «historique» en costumes et cadre d’époque, soit il choisit de donner un nouveau souffle, une sorte de nouvelle jeunesse à l’œuvre en faisant appel à divers artifices. Sacrée gageure ! Car si l’on peut en modifier la présentation, on se doit de respecter l’œuvre. C’est cette dernière option qui fut retenue par François Han Van, le metteur en scène du «Roméo et Juliette» présenté dimanche soir dans les fossés de Bonaguil.

Une nouvelle coloration au chef d’œuvre

Les jeunes acteurs sont habillés en noir et blanc, dans des habits inspirés de costumes traditionnels; des chants et des danses venus d’Europe centrale interprétés par deux instruments caractéristiques de la musique tzigane, une contrebasse et un accordéon. L’ensemble donne une nouvelle «coloration» au chef-d’œuvre de Shakespeare.

A noter quelques clins d’œil au public que le grand Will, à son époque, n’aurait certainement pas condamnés car lui-même n’hésitait pas à alterner drame et farce, style soutenu et grivoiseries : allusions à des chansons («Noir, c’est noir» …), quelques expressions en anglais faisant allusion à la version originale, quelques incrustations «gauloises», autant de touches légères, car brèves, qui viennent apporter quelques étincelles supplémentaires à cette brillante tragédie.

Un public nombreux et conquis

Il convient de souligner également des trouvailles originales : le rideau derrière lequel Roméo et Juliette consomment leur mariage donne aux spectateurs l’impression d’être dans leur chambre ! La croix lumineuse qui vient s’afficher sur le pilier du pont dormant nous indique que la scène se déroule dans l’église. Des acteurs allongés au sol, les bras le long du corps, suggèrent que nous sommes dans un cimetière…

Enfin si l’ensemble de la troupe a fait preuve de beaucoup d’énergie et de conviction, il nous paraît légitime de souligner le jeu particulièrement efficace, dans des registres différents, de Sophie Garmilla, une Juliette débordant de fraîcheur, de spontanéité et de passion (quelle belle scène du balcon!), ainsi que de Julie Quesnay, une nourrice truculente, pleine de fougue et de sentiment.

Une soirée remarquable conclue par les applaudissements nourris d’un public venu nombreux et manifestement conquis par la qualité du spectacle.

Roméo et Juliette

Roméo et Juliette

Une belle équipe pleine de fougue et d’amour de la scène
Le 07-08-2013 dans FIGAROSCOPE

Roméo et Juliette

Roméo et Juliette

Le triomphe de l’amour éternel
Le 06-08-2013 dans Sud-Ouest

Les amateurs de théâtre en ont eu pour leur compte dimanche soir avec la représentation de Roméo et Juliette de Shakespeare. Le château de Bonaguil, élégamment éclairé, était le lieu idéal pour l’interprétation de la compagnie du Vélo volé.
Il offrait, en effet, sa vaste scène (et son pont la surplombant en guise de balcon pour un moment inoubliable) à une mise en scène basée sur le mouvement des corps avec les déplacements incessants de Juliette et des combats chorégraphiés au millimètre.

Corps et beauté

Cette prédominance du corps, et de la beauté, on la retrouve avec Roméo et Juliette nus derrière un immense voile pour une scène d’une infinie sensualité.
François Ha Van, le metteur en scène, a, par ce parti pris et par le choix de costumes sans âge, rendu l’histoire totalement intemporelle et réussi le miracle de l’illusion théâtrale.
La puissance et la sensualité de l’œuvre étaient également soulignées par les quatre musiciens, installés sur scène mais assez discrètement pour le pas attirer l’attention sur eux, dont les chants tsiganes ont réussi à sublimer l’émotion.

Textes et acteurs géniaux

Le texte, précieux, est quant à lui porté par des acteurs fabuleux. Sophie Garmilla est une Juliette habitée par son rôle qu’elle joue avec une évidence et une intuition qui émerveillent.
Elle chemine dans le texte par toutes les voies possibles, tantôt avec puissance, tantôt avec candeur, toujours dans la plus grande pureté.
William Dentz, Roméo, lui donne la réplique avec beaucoup de passion. On notera encore la prestation très applaudie de Stéphanie Germonpré, nounou facétieuse à souhait et digne des plus grandes interprétations de ces seconds rôles magiques du théâtre.
Et s’il est un seul défaut à noter, ce sont quelques défauts dans l’utilisation par les acteurs de l’éclairage, pourtant très bien choisi. De longues minutes d’applaudissements nourris ont salué la prestation des artistes.

Les quatre morts de Marie

Les quatre morts de Marie

Tout L’Univers Pliē En Quatre
Le 24-07-2013 dans La Marseillaise

D’emblée, Marie nous prévient : « Je m’appelle Marie et je vais mourir quatre fois devant vous ».
Quatre morts correspondant aux quatre âges de la vie. Quatre tableaux pour dire les espoirs et les désillusions successifs. Quatre univers à la fois réalistes et oniriques pour raconter un parcours singulier qui pourtant trouve un écho en chacun de nous.

Marie a onze ans, toute la fraîcheur d’une enfant. Elle rêve d’aller jusqu’où on ne peut pas marcher, d’inventer une vie – celle de Mary Simpsons – pour échapper à la tristesse du regard maternel et à l’absence d’un père qui a voulu voir la mort pour se sentir vivant.
On la voit sur un terrain vague, retrouve adolescente révoltée, décidée à faire exploser un camion au nom de… De quoi ? Elle ne le sait pas vraiment : la faim dans le monde, l’injustice sociale ? Geste gratuit à l’image d’un monde absurde.
Au tableau suivant, Marie est une jeune femme célibataire à la recherche de l’amour et de l’amitié : invités loués, vagues connaissances se réunissent pour un repas faussement enjoué.
Maintenant, Marie n’a plus rien à perdre, plus rien à espérer.
On la quitte alors sur une chaloupe au milieu de l’océan, en quête d’une image d’elle ̶ même moins dérisoire, d’une vie qui aurait un sens sinon un but.
Les quatre tableaux s’articulent avec souplesse pour traduire ce parcours de vie.
Ainsi, un élément de décore assure à chaque fois une transition entre chaque scène comme un vestige du passé : un drap de la cuisine maternelle dans le terrain vague, l’avant du camion dans le salon…
Céline Jorrion est déconcertante par sa capacité de métamorphose : tour à tour fraîche et naïve, rebelle et farouche, soucieuse, complexée, désespérée, elle incarne avec grâce la fragilité et la complexité du personnage.
Elle est entourée de quatre comédiens, Julie Quesnay, Grégory Corre, Guillaume Tagnati et Sylvain Savard se glissant efficacement dans les différents seconds rôles, offrant ainsi un panel de l’humanité à la fois cocasse, émouvante, absurde.

Profondément humaine, cette pièce trace l’existence d’une femme qui n’aura cessé de courir après sa vie, de tenter d’échapper à l’angoisse de la mort, de vouloir donner du sens à ce qui n’en a pas.

Nelly Bourriche

Les quatre morts de Marie

Les quatre morts de Marie

Au Theâtre Des Lucioles Théâtre Contemporain
Le 23-07-2013 dans Vauclusematin.com

Marie déboule dans notre vie comme un rayon de soleil ! Au départ, la situation est simple et rationnelle. Le linge sèche dans la cour. Marie, vit seule avec sa mère. Elle a 11 ans et demi, des nouvelles chaussures, un goût prononcé pour les histoires et doit s’en aller pour l’école.

Mais à son retour, sa mère est partie. C’est alors qu’on bascule dans un univers onirique (absurde), où les morts ressuscitent, le temps s’accélère, les êtres changent au fil des morts de Marie. Le texte très poétique de Carole Fréchette, est ici servi par quatre comédiens de grand talent, à la fois touchants et grotesques. Saluons dans le rôle-titre, la performance de Céline Jorrion, petite boule de dynamite qui explose de vie et illumine la scène.

Si elle flirte avec la mort, c’est parce qu’elle aime la vie et c’est pour mieux nous rappeler de la croquer à pleines dents. Bravo aussi à l’imagination débordante du metteur en scène, François Ha Van, qui ne recule devant rien, allant jusqu’à faire brûler un camion ou tomber la pluie sur scène.

Marie-Félicia Alibert

Les quatre morts de Marie

Les quatre morts de Marie

Les vies rêvées d’une jeune femme
Le 21-07-2013 dans www.ruedutheatre.eu

« Ici il n’y a pas de danger, seulement du froid, de le neige, quelquefois un fou qui tire. » Les mots de Carole Fréchette, auteure québécoise, sont des flèches qui racontent un monde en jachère, les êtres qui l’habitent sont passionnés.

Marie traverse les âges. Elle a plusieurs vies, plusieurs morts aussi. Au début, Marie a 11 ans et demi, elle vit seule avec sa maman et ses rêves d’enfants : « Il faut avoir des projets » dit-elle, sinon on devient triste. Marie – incarnée magnifiquement par Céline Jorrion – est une enfant vive, tendre et fantasque ; elle traverse les épreuves les plus terribles : l’abandon par la mère, le retour du père revenu pour mourir dans ses bras d’enfant, sa propre disparition.

Les yeux de Marie, « on dirait des yeux à double fond ; il y a de l’eau en dessous, de l’eau qui boue ». Les rêves sont assez forts pour maintenir en vie. Comme si elle déjouait la mort de son caractère enjoué et passionné, Marie revit chaque âge de la vie, elle en meurt mais son chemin ne s’arrête pas là.
Marie remonte et redescend le plateau du Mont Royal, la rue St Laurent, à vive allure. L’état d’urgence est déclaré, « pourquoi vit-on ? c’est quoi la vie ? » un questionnement métaphysique ponctué de notes d’humour québécoises savoureuses. Jeune femme, Marie est révoltée, elle écrit sur les murs, la nuit, elle écrit des questions. Elle offre sa vie au monde dans un geste politique. Femme mûre, elle cherche à être aimée et s’invente un monde de bébés animaux, un univers à la Tim Burton drôle, désenchanté et absurde. Vieille femme, elle prend la mer, en personnage beckettien, elle laisse derrière elle les autres pour partir seule affronter le danger des eaux profondes et sa dernière mort.

Les moments les plus beaux sont ceux qui laissent le plateau nu aux acteurs, sans artifice, leur permettant d’offrir en toute générosité les mots de l’auteur, leur corps et leurs gestes tendus vers l’autre. La pièce est émouvante et drôle, l’énergie et la justesse de Céline Jorrion et Guillaume Tagnati y sont magnifiées.
Les Quatre Morts de Marie est une pièce touchante, un moment de joie offerte par des acteurs étonnants. Les vies inventées de Marie Simpson sont de petites fables à découvrir.

Les quatre morts de Marie

Les quatre morts de Marie

Les Quatre morts de Marie de Carole Fréchette
Le 18-07-2013 dans www.theatrotheque.com

Marie nous le dit, à toute vitesse : elle va mourir devant nous, quatre fois. Mais surtout elle nous émerveille, autant dans sa folle joie de petite-fille que dans ses désillusions futures.

Marie, une petite fille avec la tête pleine de rêve, va se confronter à la pénible réalité des hommes et mourir sous nos yeux quatre fois. A chaque mort, il est question du deuil de l’enfance, de l’innocence et d’un face à face pétrifiant avec des événements douloureux, des malchances fondatrices, des périls désastreux qui font de Marie, une femme peut-être, mais aussi et surtout une morte.

Ce texte de Carole Fréchette prend corps sur la belle scène du Théâtre des Lucioles grâce à la Compagnie le vélo volé. Les personnages sont habilement campés et la violence de Fréchette, le caractère insolent de son écriture, transparaissent dans une mise en scène exaltée.
On ressort heureux d’avoir entendu ce beau texte. (…)

Roméo et Juliette

Roméo et Juliette

Théâtre de l’Oulle – Roméo et Juliette ***
Le 17-07-2013 dans La Provence

Economie de moyens, adaptation originale signée Cécile Leterme qui, malgré les coupures demeure d’une fidélité absolue au texte de Shakespeare Roméo et Juliette proposée par la compagnie le Vélo volé est une merveille d’intelligence et de beauté plastique.

François Ha Van, le metteur en scène a décidé de faire raconter l’histoire du célèbre couple d’amants par Frère Laurent qui s’adresse aux spectateurs avec des mots empreints de tristesse et on verra pourquoi pas mal de remords.

Mélangeant tous les arts du spectacle, la pièce offre aux acteurs l’occasion de montrer leur immense talent dans un vrai travail de troupe. En tête Sophie Garmilla, en sensuelle Juliette, William Dentz, puissant Roméo, et Grégory Corre qui campe un Mercutio étonnant, drôle et dramatique à la fois. A l’image du spectacle en fait où derrière la tragédie, l’humour n’est jamais absent.

J.-R. B.

Les quatre morts de Marie

Les quatre morts de Marie

Poésie illuminée par une comédienne éclatante
Le 13-07-2013 dans L'étoffe des Songes - Blog Théâtre d'Emma

Allez-y si vous aimez :
-  Les actrices décapantes
- L’écriture contemporaine et poétique de Carole Fréchette

Le propos est simple : Marie va mourir quatre fois devant nos yeux, et elle l’annonce dès les premières minutes. Cheveux blonds hirsutes, yeux bleus francs et directs, l’actrice capte l’attention dès les premiers instants et ne lâchera plus le spectateur. Elle est d’abord une enfant de 11 ans et demi à la curiosité et à la spontanéité insatiable. Puis ado rebelle emportée qui fait sauter des camions pour réagir contre la faim dans le monde, célibataire enjouée en cherche de l’homme providentiel, aventurière perdue en chaloupe sur la mer sans fin… La performance est telle dans les premières minutes que l’on en vient à douter de l’âge de l’actrice, Céline Jorrion : elle a toutes les mimiques de l’enfance, la fraîcheur, les pieds, l’énergie, le sautillement, et ses yeux sont une lumière incandescente.

Le décor est sobre, comme dans toute pièce du Off qui se démonte et se démonte en quelques minutes : cordes à linges, torchons à carreaux, carcasse de voiture défoncée, vieux sièges autos, baignoire. Marie vit à la marge, en recherche permanente.

L’écriture de Carole Fréchette se retrouve dans ces personnages terriblement seuls, emportés soit par une quête idéaliste insatiable (« j’ai des choses à faire » dit le père en quittant la maison), soit dans une recherche d’amour, d’un autre. La deuxième saynète opposant l’activiste terroriste idéaliste et l’amour dans un camion, immédiat est particulièrement représentative. La naïveté des questions de l’enfant joue avec la poésie : peut-on aller à pied jusqu’à la terre de feu ? Meurt-on même  si on a encore des choses à faire ? Pourquoi es-tu toujours triste maman ? Et Marie maîtresse de maison  appelle « œufs de poissons exotiques » des petits pois, ou « nids d’oiseaux » des biscuits au chocolat dans une quête insatiable pour enchanter le réel.
Un très bon moment de théâtre poétique, illuminé par une comédienne hors pair.***

Une paire de gifles

Une paire de gifles

Coup de coeur
Le 09-06-2010 dans Le Pariscope

Les pièces en un acte de Sacha Guitry sont délicieuses. L’esprit du maître brille de mille feux. Synthétique et percutant, il va à l’essentiel sans tirer à la ligne, dressant ainsi de superbes portraits d’hommes et de femmes. Sous le charme d’un propos léger, l’auteur marque sa vision plutôt sombre des relations entre les deux sexes. Ce qui est agréable, entre autres, dans le projet de François Ha Van, c’est que les femmes ne sont pas réduites à une représentation de légèreté et d’inconstance. Il n’y a ni gagnant ni victime.

Le metteur en scène est à l’aise dans l’univers de Guitry comme il l’a été dans celui de Courteline. Il y a du rythme, de l’élégance, de la pertinence dans son travail.
Il a porté son dévolu sur quatre pièces, les deux chefs d’œuvres, Une paire de gifles et On passe dans huit jours, Un type dans le genre de Napoléon, un peu moins intéressante, et Le renard et la grenouille, une petite merveille.

Le ton est très années 50, gardant ainsi un côté rétro qui sied à ces œuvres. Mais cette époque était aussi celle d’une certaine liberté, celle du monde moderne en marche.
Rien n’est plus difficile que de bien jouer du Guitry…

François Ha Van a déniché quatre comédiens formidables. Valérie Even n’en est pas à son premier Guitry. Elle a la classe, le timbre de voix, le sens des ruptures qui vont à ces textes. Domitille Bioret est loin d’être en reste. Plus petite, elle est à la hauteur ! Elle est pétillante, malicieuse, sorte de petite-nièce adoptive de Jacqueline Maillan et de Pauline Carton. Très séduisants, Laurent Suire et Rafaël Reves sont parfaits, sachant jouer sur plusieurs registres. Cela pétille comme du champagne !

Une paire de gifles

Une paire de gifles

Quatre petits bijoux de textes pour redécouvrir Guitry
Le 26-05-2010 dans FIGAROSCOPE

Du Guitry et du meilleur. Un ravissement que ces quatre pièces regroupées sous le titre d’Une paire de gifles, la plus connue. Comment un mari demande réparation d’une gifle qu’il croit que sa femme a donnée à son amant. Une merveille de finesse psychologique. Mais il y a aussi Un type dans le genre de Napoléon, Le Renard et la Grenouille et, surtout, On passe dans huit jours, un petit chef-d’œuvre qui réjouira le cœur de tous ceux qui aiment le théâtre. On y voit un auteur demander à son directeur de chasser une actrice qui, explique-t-il, est incapable de jouer la dimension passionnée de son rôle. L’actrice est convoquée par nos deux mâles et… Mais ce serait criminel d’en dire plus !

La jeune troupe a de beaux atouts en main. El le metteur en scène, sauf au début par manque de moyens, joue bien le jeu du réalisme. Résultat : un petit bonheur de spectacle. Plusieurs Guitry sont désormais à l’affiche à Paris. On le redécouvre comme le génie qu’il est. Et on peut le jouer de mille façons différentes sans qu’il t ait visiblement une censure des héritiers. C’est une vraie bonne nouvelle.

Jean-Luc Jeener

Une paire de gifles

Une paire de gifles

Intelligemment dirigés
Le 10-05-2010 dans Le Nouvel Observateur

L’été approchant, les comédies de Sacha Guitry déferlent sur Paris. Après l’Illusionniste la semaine dernière, voici quatre levers de rideau : Un type dans le genre de Napoléon, le Renard et la Grenouille, On passe dans huit jours, et une paire de gifles.

Les acteurs de François Ha Van ne sont pas de vieux routiers du boulevard mais, intelligemment dirigés, ils se tirent avec honneur de cet exercice périlleux. Et Guitry nous jette une fois de plus dans le ravissement.

Les quatre morts de Marie

Les quatre morts de Marie

Moment de grâce
Le 09-11-2008 dans Les Trois Coups

Ambiance de première au Théâtre du Lucernaire. On se hèle, on s’apostrophe. Les comédiens aujourd’hui spectateurs parlent suffisamment fort pour qu’on sache qu’eux aussi, « ils en sont ». Les chargés de communication s’ébrouent joyeusement dans la foule nombreuse. Bref, le monde du théâtre, dont je fais partie avec mon carnet de notes à la main, se joue sa petite comédie sans conséquence, celle de l’effervescence qui entoure invariablement la naissance d’une pièce. Mais, ce soir, quand le noir s’est fait dans la salle, plus de chuchotements mondains, silence absolu. Et sincère. Soudain, face à la scène, il n’est plus resté que des hommes et des femmes subjugués. Fascinés par les mots clairs et tranchants que nous adresse ce personnage nommé Marie.

Elle nous le dit à toute vitesse, comme si sa vie en dépendait : ce soir, devant nous, elle va mourir. Quatre fois. Quatre tableaux pour illustrer la lente descente d’une femme écrasée par sa solitude, qui veut croire à la vie quand la mort n’a de cesse de la rattraper. Mais attention, ici, pas de misérabilisme, de pathos, non. Le texte de Carole Fréchette nous invite simplement dans le cœur, dans la peau, dans les os d’une amoureuse de la vie, qui veut encore et toujours y trouver sa place quand tout est trop grand pour elle. L’émotion nous étreint, car Carole Fréchette touche juste. Dans le mille. Ses mots réveillent en nous des peurs enfouies, universelles. La peur de l’enfant face à l’immensité béante, face à l’abandon, face au mystère de la vie et de l’amour que les hommes peinent à se donner et désirent tant recevoir. À la fois ombre et lumière, son texte est le lieu exact de la rencontre entre instinct de vie et pulsion de mort. Telle une explosion.

Et l’explosion, c’est sur scène qu’elle a lieu. Explosion de vie avec Marie, que nous découvrons d’abord enfant. Étincelante Céline Jorrion, qui interprète une enfant de onze ans. Tout y est : le corps, la voix, l’énergie, les élans, la lumière. Surtout ça, la lumière. La lumière qui est dans le regard d’une petite fille de onze ans évoquant ses rêves avec son copain Pierrot. Cette enfant soudain devant nous, comme une évidence, et que l’on suit avec délectation, jubilation, émotion tant elle est juste, vraie, sincère. Marie se meut dans un espace coloré et aérien, vivant, fait de draps étendus et de tissus vichy, traçant une belle diagonale sur le plateau. Un espace qui contribue à cette sensation de beauté simple et fluide. Et qui semble soudain se glacer quand la petite-fille s’immobilise, comprenant que sa mère l’a abandonnée.

Il faut ici avouer que cette première scène est d’une telle force que l’on a quelques difficultés à faire le saut vers Marie adulte. On s’est tellement fait happer par cette enfant que c’est comme un deuil de la laisser. Mais l’énergie que mettent les comédiens du Vélo volé est telle que nous nous laissons à nouveau transporter. Cette énergie déployée sur scène, que ce soit dans les changements ultra-rapides de décor ou dans l’implication des corps, fait écho à la nécessité qu’a Marie de nous dire son histoire. Tous remarquables, les comédiens dessinent des personnages drôles, excessifs, qui se débattent dans la vie plus qu’ils ne la vivent réellement. Et cet acharnement-là nous fait hésiter entre le rire et les larmes, et finit par nous mener bien au-delà, au cœur d’enjeux réellement vitaux.

De leur côté, la scénographie et les lumières créent avec une grande intelligence des espaces différents par la simple suggestion. Les éléments sur le plateau sont toujours essentiels, jamais anecdotiques, et prennent toujours une valeur esthétique. C’est beau et aéré. Le seul bémol irait à la scène de la poupée brûlée, pas vraiment convaincante, probablement pour des raisons techniques. Mais la dernière image, où Marie est seule au milieu de la mer sur un radeau, est tout simplement magnifique. Mettre la mer sur la scène du Lucernaire ? Eh bien, avec François Ha-van, c’est une simple évidence. Le sol noir, nu, une chaloupe minuscule au milieu du plateau, une légère pluie tombant sur Marie, et on ressent, plus que jamais, la solitude extrême de ce personnage. Son beau regard se pose sur nous, et, tandis que l’eau l’environne de partout, on pleure pour cette femme qui a gardé en elle, douloureusement, toutes les larmes qu’une petite-fille aurait bien voulu verser.

Élise Noiraud

Les quatre morts de Marie

Les quatre morts de Marie

La distribution, parfaite, est dominée par la prestation de Céline Jorrion, époustouflante de vérité.
Le 01-11-2008 dans FROGGY'S DELIGHT

Comédie dramatique de Carole Fréchette, mise en scène de François Ha Van, avec Céline Jorrion, Julie Quesney, Guillaume Tagnati (en alternance avec Fabrice Leroux, Sylvain Savard et Rafael Reves).

Marie a onze ans et demi et déjà elle sait qu’elle ne veut pas mourir. Et même si les personnages s’effondrent autour, elle a choisi de vivre plusieurs vies et de le faire vite. Commence alors une fuite en avant menée par un imaginaire pittoresque et une formidable envie de dévorer le monde.

Le texte de Carole Fréchette, auteure contemporaine québécoise à qui on doit de belles histoires, raconte ici un itinéraire chaotique et rocambolesque qui dit le furieux appétit de vivre et de rêver chez son héroïne, même si les fantômes de l’enfance l’accompagnent toutes ces années.
Avec « Les quatre morts de Marie » présenté par le Vélo Volé, François Van Han a conçu une version moderne – presque cinématographique – où domine un sentiment d’urgence que l’on retrouve dans la mise en scène : urgence des déplacements, des changements à vue qui enchainent les scènes les unes aux autres tel un montage serré de film-rythmé par une nerveuse bande son électro.

La distribution, parfaite, est dominée par la prestation de Céline Jorrion, époustouflante de vérité. Quand elle interprète Marie enfant, on s’y croirait : langage, phrasé, intonations, gestuelle…tout est là.

Elle est tout aussi impressionnante lorsque, plus grande, elle ressent la nécessité de dire pour combler l’absence d’un père et l’abandon d’une mère, se recréer un monde fantasmagorique dans lequel on ne meurt jamais, même si cela doit passer par plusieurs vies, toutes plus rapides, pour aller au cœur des choses, brûler ce qu’on laisse derrière et s’enfuir vers un océan de tous les possibles. Malheureusement, le réel la rattrapera et réfléchira avec âpreté une intense et éprouvante solitude.

Une pièce forte d’où point une petite nostalgie tenace de rêves d’enfant jamais réalisés.

Nicolas Arnstam

Le Mariage de Figaro

Le Mariage de Figaro

Le mariage de Figaro séduit le public
Le 01-09-2006 dans Ouest France

Rien que du bonheur, jeudi soir, salle Athéna, pour les nombreux spectateurs venus applaudir et même ovationner la seconde représentation du Mariage de Figaro de Beaumarchais, joué par la compagnie du Vélo Volé.

Situations cocasses, rebondissements rythmes endiablés, jeux de lumière, humour, beauté de la langue, place de la musique, tout y était, grâce à une mise en scène tonique de François Ha Van, pour séduire un public en grande partie composé de lycéens.

Le spectacle créé à La Ferté pendant la résidence de la troupe est maintenant prêt à partir en tournée.

Le Mariage de Figaro

Le Mariage de Figaro

800 convives au mariage de Figaro
Le 01-09-2006 dans Nouvelle République

La troupe du Vélo Volé a présenté une version moderne du Mariage de Figaro, mardi à la salle Athéna. Une seconde représentation est programmée ce soir.
Tout en respectant le texte écrit par Beaumarchais en 1784, François Ha Van, metteur en scène de la compagnie Le Vélo Volé, a proposé mardi soir, salle Athéna, une version très « branchée » du Mariage de Figaro, devant des gradins quasiment pleins, les lycéens et professeurs des lycées fertois s’étant déplacés en grand nombre.

Le public a réagi de manière très favorable, ne ménageant pas ses applaudissements après plus de deux heures de spectacle. Trois éléments ont contribué à ce succès.
Le texte d’abord, né à la veille de la Révolution française, est toujours d’actualité, égratignant derrière une apparente légèreté, la justice, ridiculisant les puissants, fustigeant les entraves à la liberté, de la presse notamment.

Sur les rotules

La mise en scène très contemporaine renforce l’ancrage dans l’actualité. Au premier abord un peu désorientés par la richesse de l’intrigue et les éléments anachroniques qui se mêlent en un ballet tonitruant, les spectateurs, une fois entrés dans le vif du sujet, ont plongé de plain pied dans les tribulations mouvementées de Figaro.

Il faut dire que les acteurs, alternant gags visuels, répliques cinglantes et monologues dramatiques, n’ont pas ménagé leur peine et leur sueur, finissant parfois leurs tirades, au sens propre comme au figuré, sur les rotules. Le public lycéen a été particulièrement impressionné par la prestation du jeune Chérubin (Matila Mailliarakis), capable de jouer en roller, de danser, chanter, pleurer et – impensable pour des adolescents – de paraître ridicule sur scène.
Mention aussi pour les rôles principaux, qui savent rester dans l’ombre quand il le faut pour laisser en lumière des seconds rôles souvent hilarants ; le jardinier ivrogne ou le juge grabataire, jamais avares de pitreries, ont usé les zygomatiques.

Attention pour les retardataires : il restait hier après-midi moins de dix places libres pour la représentation de ce soir.

Le Mariage de Figaro

Le Mariage de Figaro

Un Figaro moderne très applaudi à Coppélia
Le 02-08-2006 dans Le Maine Libre

La compagnie du Vélo Volé présentait, mardi soir à Coppélia, Le Mariage de Figaro œuvre de Beaumarchais. Mise en scène par François Ha Van, la pièce de facture classique était déclinée sur un ton moderne, rendant très contemporain l’entremêlement de chassés-croisés amoureux de cette comédie.

Décors, musique, costumes : tout en restant fidèles à Beaumarchais et Mozart, comédiens et musiciens ont joué l’histoire passée avec naturel et un ton actuel.

Dans cette comédie joyeuse et spirituelle, les serviteurs, vifs et impertinents, donnent des leçons de morale à leurs maîtres, dans un mélange de drame et de comique.
Le public, éclectique et amateur, a savouré sans retenue le jeu des acteurs.

Le Mariage de Figaro

Le Mariage de Figaro

Un Mariage de Figaro brillamment interprété
Le 02-08-2006 dans Ouest France

La compagnie du Vélo Volé donnait deux représentations mardi à Coppélia de la pièce de Beaumarchais Le Mariage de Figaro, à l’attention des scolaires, et de tous le soir. Des lycéens d’Estournelles-de-Constant et de Notre-Dame, ainsi que des classes du Vieux-Chêne ont ainsi assisté aux spectacles, mais aussi rencontré la compagnie pendant son séjour à La Flèche.
Les adolescents ont réservé un accueil très enthousiaste aux comédiens. Il est vrai que ceux-ci se sont montrés talentueux et très naturels sur un texte aussi riche que difficile à communiquer surtout à l’ère du langage codé des SMS.

Le petit plus du metteur en scène François Ha Van tient aussi dans la convivialité des échanges qui avaient lieu après la pièce. Les élèves ont ainsi pu se faire une idée du travail que nécessite un tel spectacles : un mois et demi de répétitions, le besoin que les comédiens forment une équipe réellement complice, les techniques permettant de poser sa voix, d’articuler…
La compagnie a donné à son public une très belle occasion, non pas de consommer du théâtre, mais bien d’entrer dans un univers et prendre le temps de l’apprécier pleinement.